Gestion de la crise COVID, Dr Philippe SAEGESSER

Dr Philippe SAEGESSER, Délégué médical et Porte parole de notre ONG Réinfo Santé Suisse International, s’exprime auprès d’Amèle DEBEY.

 

Gestion de la crise Covid: «L’erreur est humaine, persévérer est diabolique»

 

Depuis notre premier entretien, fin 2020, le Dr. Philippe Saegesser a été remplacé à la tête du groupement des médecins hospitaliers vaudois (GMH). S’il est toujours investi auprès de différentes structures médicales officielles, comme la société vaudoise de médecine (SVM), il n’en reste pas moins déterminé à soulever les questions qui dérangent, même si cela doit lui valoir des déconvenues avec ses pairs. Ce médecin, fort de 35 ans de «métier», a souhaité nous livrer l’évolution de ses réflexions, après plusieurs mois de ce qui est devenu une lutte pour parvenir à comprendre la crise structurelle inédite que nous vivons.

 
 

© SVM

 

(Entretien réalisé le 8 mars 2021)

 

Amèle Debey, pour L’Impertinent: Votre état d’esprit a-t-il changé depuis notre premier entretien?

Dr. Philippe Saegesser: A l’époque, j’étais dans le questionnement. Je n’avais pas vraiment de réponse. Je m’interrogeais sur les mesures. De fil en aiguille, avec les semaines qui passent et les informations qui entrent, on se rend compte progressivement qu’il y a des tas de choses qui ne jouent pas, des analyses qui ne sont pas rationnelles, ni logiques et qui, parfois, conduisent à des dispositions qui sont clairement du domaine de la tyrannie arbitraire. On voit des sommités mondiales, des spécialistes s’exprimer de manière critique sur les décisions prises, apporter des avis contraires aux officiels. Ces gens là sont stigmatisés, censurés. Dès lors que l’on prend conscience de cette situation, on a de quoi s’inquiéter de la capacité du système à relayer des infos critiques et objectives et surtout à modifier sa stratégie.

 

Au premier abord, j’avais naïvement imaginé que, malgré certaines dispositions contestables, l’objectif principal restait la résolution de la crise sanitaire et le retour à un état de droit. La propagande de peur entretenue, en décalage avec la réalité, et la disproportion des mesures prises ainsi que leurs impacts catastrophiques sur la société civile m’avaient alors incité à sortir du champ des informations officielles. A m’intéresser à un aussi grand nombre de paramètres et d’opinions que possible. A nourrir mon analyse de sources différentes provenant aussi bien, à l’interne, du monde médical auquel j’appartiens, que du monde politique, des réseaux sociaux et médias alternatifs, ainsi que de la société civile. En élargissant mon champ d’investigation j’ai pu construire une opinion plus étayée. A mesure de mes recherches et interactions avec d’autres opinions et experts, mon jugement est devenu beaucoup plus critique.

 

Je n’estime pas être un expert en virologie, en génétique ou en épidémiologie, même si, à force de m’y intéresser mes connaissances augmentent et mes opinions gagnent en pertinence. Mon expertise médicale est celle d’un homme de terrain, celle conférée par plus de 30 ans d’exercice de la médecine, avec tout ce que cette expérience autorise de compétences pratiques et concrètes. J’ai également une certaine expertise sur les relations que la médecine entretient avec le domaine économique et assécurologique, dont l’évolution à progressivement contribué à transformer cet art en business et la santé en marchandise. Un sujet qui m’a valu bien des interrogations, sur lequel je me suis positionné à plusieurs occasions.

 

Bref, trente ans d’activité pratique où je n’ai pas arrêté de mesurer le ratio bénéfice/risque des actions médicales que j’ai entreprises et dont j’ai été témoin, me confèrent une connaissance incomparable de cet équilibre complexe et délicat. Or, je considère que nous sommes actuellement très loin d’un équilibre entre les risques et les bénéfices dans la gestion de cette crise, des différents aspects de santé des personnes et de la population.

Donc votre position est passée du questionnement à la constatation d’un problème?

C’est ça. J’avais beaucoup de raisons de m’inquiéter, de me questionner. J’avais l’impression de ne pas pouvoir partager mes doutes avec beaucoup de gens et je me demandais si c’était moi qui n’arrivais pas à comprendre la réalité du terrain. Je commençais à prendre conscience qu’il s’agissait d’une dystopie à la seule différence que je n’étais pas dans un récit de fiction mais face à l’évolution de notre société, alors que la majorité des personnes n’en avaient pas pris ou ne pouvaient pas en prendre conscience, du fait du matraquage des médias et des autorités, le tout dans un contexte très changeant qui entretien la confusion. Nous sommes donc tous un peu désemparés.

 
«Nous assistons à une rupture évolutive de nos sociétés démocratiques»
 

Ces personnalités qui osent s’exprimer librement commencent à donner des réponses aux questions qu’on avait à l’époque, ce qui est d’autant plus inquiétant pour moi, parce que les réponses qui apparaissent montrent qu’on est plus du tout dans la gestion d’une crise sanitaire pour laquelle des mesures aussi contraignantes pourraient se justifier. C’est donc malheureusement bien plus qu’un problème, mais un véritable changement de paradigme sociétal, résultant d’éléments différents qui, une fois combinés et rassemblés, conduisent au constat que nous assistons à une rupture évolutive de nos sociétés démocratiques, des valeurs qui les fondent, et c’est une menace pour tout ceux qui sont soucieux de préserver leur liberté et qui sont attachés aux valeurs fondamentales de nos modèles de société.

Par rapport aux épreuves provoquées par les épidémies qui ont traversé l’histoire de l’humanité et auxquelles doivent malheureusement faire face encore aujourd’hui certaines communautés du globe, ce qui nous arrive avec cette pandémie peut être considéré comme un grain de sable. C’est, à mon sens, la gestion dont nous sommes responsables qui risque aujourd’hui de déstabiliser l’ensemble de la planète et de gravement bouleverser le fragile équilibre existant.

 

Aujourd’hui, je suis convaincu, avec la somme de connaissances accumulées durant ces derniers mois, qu’il devient absolument nécessaire, de revenir à la raison et d’entamer enfin la prise en charge de cette crise sanitaire avec bon sens et pondération. Malheureusement, nous constatons jusqu’ici qu’il se creuse un énorme écart entre la gravité de ce que l’on veut traiter, soit disant pour le bénéfice de tous, et les énormes dégâts présents et futurs engendrés par des mesures qui se détachent de plus en plus de toute rationalité et de tout bon sens.

Il s’agit désormais plus d’une crise politique, selon vous?

Oui. Pour les pays qui ont des modèles de société tels que le nôtre, on peut affirmer que la crise identifiée comme sanitaire au début s’est muée en crise politique. Bien qu’on ne puisse exclure l’éventualité d’une recrudescence d’une nouvelle poussée épidémique, surtout avec la campagne de vaccination qui se réalise et dont les caractéristiques épidémiologiques post-vaccinales sont alarmantes pour les pays les plus en avancés. Sous nos latitudes, la situation de danger imminent et de saturation des unités de soins n’est plus d’actualité depuis longtemps.

 

Alors que nos gouvernants auraient eu la légitimité de détendre les mesures de restriction, nos politiques ne sont que marginalement allés dans cette direction, en particulier pour toutes les dispositions qui mettent à l’arrêt les espaces de sociabilisation et de cultures pourtant nécessaires pour que l’exercice démocratique puisse s’épanouir, entrainant également des conséquences graves, peut-être irréversibles, pour bon nombre d’entreprises, de familles ou de jeunes et surtout pour la capacité que nous avons de revenir à un espace de convivialité et d’entraide absolument indispensables pour faire face à cette période de crise communautaire.

Pendant que les particuliers souffrent et se replient sur eux-mêmes dans une société fermée où les échanges se raréfient, les GAFAM tirent les marrons du feu et engrangent des bénéfices records, accentuant encore le déséquilibre entre pouvoir politique et pouvoir économique. Dans un élan de solidarité et de sens des responsabilités, nous aurions espéré que nos élus prennent enfin la décision de taxer ces sociétés qui échappent depuis trop longtemps aux impôts qu’ils auraient dû payer. Ils auraient pu ainsi mettre ces montants à contribution pour compenser les pertes de recettes de ceux qui sont les principales victimes innocentes de ces mesures, plutôt que de reporter ce soutien sur un effort des deniers publics ou de faire fonctionner la planche à billet, dont le résultat est finalement le même, puisque cela réduira, à terme, le pouvoir d’achats de toute la population.

 

Aujourd’hui, nous voyons bien que nos autorités n’ont plus l’objectif de défendre les intérêts de la population, mais de favoriser les prises de bénéfices de Big Pharma, des multinationales et des GAFAM. Selon mon appréciation, et même si c’est difficile à entendre, cette politique, menée par nos autorités, est assimilable à une trahison du peuple suisse.

 

Qu’avons-nous le plus urgemment besoin d’apprendre, de retirer de cette crise, selon vous?

L’analyse sanitaire n’est pas la même dans le monde entier. Elle nous montre une situation paradoxale dans laquelle les pays disposant des systèmes de santé jugés les plus performants, mais aussi qui génèrent les profits les plus importants et qui dépendent le plus de l’influence des pharmas, s’en sortent, épidémiologiquement parlant, moins bien que les autres.

 

Technologiquement complexes, fonctionnant selon des interactions et des interdépendances multiples, nos sociétés, certes performantes, sont aussi consommatrices d’énormes moyens. Elles ont révélé une grande vulnérabilité et démontré, dans la prise de décisions et par leurs actions, une absence totale de bon sens et de mesure, comme si l’objectif exclusif présenté à la population sur lequel tout nos efforts et sacrifices devaient être focalisés était la sauvegarde des quelques personnes âgées très gravement atteintes, au mépris de toute autre considération. La simple mise en perspective de cette disproportion devient répréhensible et classe ceux qui s’y hasardent au rang de personnalités dépourvues d’humanité et d’empathie pour les aînés.

 

Pourtant, poser cette question n’est de loin pas aussi cruel que d’assigner à résidence les personnes âgées institutionnalisées dans des conditions inhumaines, les éloignant de leurs proches et de tout ce qui les relient aux plaisirs existentiels.

 
«La gestion de cette cette pandémie a illustré l’inaptitude de nos sociétés à y faire face»

Ainsi donc, éviter la mort de personnes très âgées serait plus vertueux et plus humain que de préserver l’avenir, la santé et la qualité de vie des plus jeunes. Cette simple logique culpabilisatrice et la propagande de la peur nous ont fait accepter de faire l’impasse sur nos valeurs fondamentales, sacrifier les forces vives de la société et les générations porteuses d’avenir avec des mesures drastiques, non validées scientifiquement, plutôt que trouver des solutions raisonnables pour les unités de soins intensifs et pour les plus vulnérables. La gestion de cette cette pandémie a illustré l’inaptitude de nos sociétés à y faire face, justifiant de mesures coercitives dirigées sur l’ensemble de la collectivité pour protéger un groupe de personne ayant atteint l’espérance de vie moyenne de la population. Ce sont donc avant tout les mesures prises par nos autorités politiques, plutôt que l’épidémie elle-même, qui sont génératrices d’une grave déstabilisation socio-économique et sanitaire.

Avec le choix délibéré de miser sur une vaccination qui n’en est pas une, hasardeuse et potentiellement génératrice de graves conséquences épidémiologiques et sanitaires, tout en bloquant l’accès généralisé à des traitements existants et efficaces, nous nous enfonçons encore un peu plus dans la justification de poursuivre des mesures qui ont pourtant démontré leur inefficacité et leurs effets dévastateurs. L’erreur est humaine, persévérer est diabolique. Dans ces conditions, on peut considérer que la crise n’est pas seulement politique mais surtout, et principalement, systémique.

Oui, mais l’idée des mesures de précaution est d’éviter que les «vagues» se succèdent…

Je peux comprendre qu’on soit dans la prévention, qu’on s’intéresse à savoir quelles sont les mesures les plus adéquates pour prévenir. Je ne suis pas sûr que le terme de «vague» convienne vraiment pour ce qui semble être la conséquence des mesures de confinement la résultante de mutations virales ou qui font que nous sommes confrontés à des sortes de variants contre lesquels la majorité de la population n’a pas été immunisée et qui provoquent de nouvelles poussées épidémiques. A ce propos, la vaccination elle-même, par la pression de sélection qu’elle induit sur le virus, pourrait provoquer l’émergence de souches insensibles ou peu sensibles aux vaccins. Ce qui semble être le cas en Israël, avec le nouveau variant sud-africain.

Mais il y a eu tellement de falsifications de la représentation de ce qu’est véritablement cette épidémie, comme de la façon dont elle a évolué, qu’il est difficile pour le commun des mortels de faire la part des choses.

Je suis surpris de l’utilisation qui est faite des tests PCR pour montrer à la population qu’on est confrontés à une nouvelle vague, alors qu’on sait que les résultats de ces tests peuvent être faussés positivement par l’augmentation du coefficient d’amplification. De l’avis même des plus éminents scientifiques, ils ne sont pas des outils diagnostics. Je suis surpris qu’on n’ait pas pu fixer clairement le niveau de cycles d’amplification appliqué aux tests, afin d’avoir une représentation reproductible et fiable sur laquelle se baser pour comparer et anticiper plus précisément une éventuelle augmentation des malades et ainsi se mettre en conditions pour y faire face. Je suis surpris par cette habitude que l’on a pris de manipulation des chiffres et je me demande pour quel usage.

La campagne massive de tests gratuits annoncée comprendra les PCR. Qu’est-ce que cela vous inspire?

La question des cas positifs asymptomatiques est à l’origine d’une grande confusion. Si certaines personnes peuvent être positives au test PCR, cela peut être dû au fait que le coefficient d’amplification est trop élevé, auquel cas il y a toutes les chances qu’il s’agisse de faux positifs. L’autre cas de figure représente les personnes dont l’infection elle-même est silencieuse ou asymptomatique. Si le risque de contamination est réel, il est, dans cette situation, fort probable qu’il soit extrêmement faible étant donné que la symptomatologie est habituellement liée à la charge virale.

La question des cas positifs symptomatiques est à l’origine d’une grande confusion. Si certaines personnes peuvent être positives au test PCR, cela peut être dû au fait que le coefficient d’amplification est trop élevé, auquel cas il y a toutes les chances qu’il s’agisse de faux positifs. L’autre cas de figure représente les personnes dont l’infection elle-même est silencieuse ou asymptomatique. Si le risque de contamination est théoriquement possible il est, dans cette situation, fort probable qu’il soit extrêmement faible étant donné que la contagiosité dépend de la charge virale déterminant elle-même l’importance de la symptomatologie.

Ainsi donc, dès qu’une symptomatologie apparaît, il faudrait être capable d’isoler ces personnes et traiter prophylactiquement leur entourage et leurs contacts.

S’agissant des enfants, les identifier, à priori, comme des asymptomatiques super-contaminants potentiels est irresponsable selon moi.

Concernant la liberté d’expression, qui est un autre problème d’importance, je m’interrogeais sur une interview de Bertrand Kiefer la semaine passée, à propos de la possibilité de ne pas permettre à la Task force de transmettre ses avis médiatiquement. Au fond, ces personnalités qui s’affichent en tant qu’experts, on ne sait pas bien comment elles ont été nommées. Ce sont des personnes identifiées par le gouvernement pour «conseiller» le plus justement possible. Mais quelle légitimité ont-elles pour intervenir dans les médias, pour exprimer leurs idées, pour jeter le trouble? Leur donner cette voix, du haut de la crédibilité que leur permet leur statut de conseillers du gouvernement, impliquerait de permettre à d’autres experts, qui ne le seraient pas, de pouvoir s’exprimer aussi librement dans les médias officiels, ce qui est loin d’être le cas.

Vous avez d’ailleurs eu récemment la possibilité de vous exprimer vous-même, lors du débat organisé par le Club suisse de la presse.

Oui, d’ailleurs j’estime que nous n’étions pas dans les conditions d’un vrai débat et je l’ai très mal vécu.

 

Pourquoi?

Ça a mal commencé dès le départ. Si je suis toujours partant pour échanger de manière ouverte avec des gens qui n’ont pas les mêmes opinions que moi, j’estime que cela doit être associé à l’intention d’approcher une certaine vérité de manière bienveillante et avec une certaine qualité d’écoute de part et d’autre. Afin de permettre aux orateurs d’y voir pus clair et de se fonder une opinion la plus éclairée possible.

J’avais auparavant refusé un débat sur Infrarouge, car je sentais qu’il serait inégal. Lorsqu’on m’a à nouveau sollicité pour le débat du Club suisse de la presse, j’ai posé des questions sur les conditions. On m’a appris qu’il y aurait trois autres personnes face à moi. Je me suis rendu compte que ces personnes assureraient une cohésion de points de vue différents du mien et que je ne pourrais proposer valablement d’alternative, ne serait-ce que sur l’aspect du temps de parole accordé équitablement. J’ai donc demandé à pouvoir être accompagné par deux personnes. On m’a retorqué que, pour des questions de temps de parole, on n’acceptait une personne de plus, mais pas deux. On m’a également rétorqué, face à ma requête d’un débat égal de trois face à trois, que nous n’étions pas dans un combat, mais entre gens de bonnes intentions qui cherchent la vérité…

Là où j’ai tiqué, c’est quand j’ai vu la manière dont les intervenants allaient être présentés. «Professeur machin, agrégé de truc», un certain nombre d’informations tangibles pour tout le monde, car ils ont des statuts et des positions en terme de crédibilité. Moi j’étais «Philippe Saegesser, membre d’un collectif» en gros, sans la mention de titre ou d’expérience. Comme un électron libre, sans identité professionnelle. La personne qui m’accompagnait (Astrid Stuckelberger, ndlr) était présentée comme une gérontologue. J’ai donc dû leur faire revoir leurs qualificatifs, mais je sentais déjà que c’était mal parti.

Astrid et moi étions malheureusement davantage à nous défendre pour être entendus, car nous étions sans cesse interrompus. C’était une posture difficile. Il faut être posé, expliquer les choses intelligiblement. Quand on a le nez dans le guidon, on ne prend pas la mesure de ce que les gens savent et comprennent au moment T. Aujourd’hui, je me rends compte qu’avec les médias mainstream, les gens se font une représentation de cette crise, et suivent aveuglement ce qu’on leur demande de faire.

 

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus là-dedans?

 

On va vers une campagne de vaccination inconsidérée avec un niveau de sécurité largement insuffisant. J’en suis convaincu comme je le suis de l’absence d’urgence en la matière qui pourrait justifier cette précipitation vaccinale, d’autant plus si on prenait la peine de faire la promotion de traitement précoces.

J’ai beaucoup travaillé avec la notion de consentement éclairé durant toute ma carrière.. Ce fut une vrai question éthique et de respect de la personne que d’accompagner la décision pour une adhésion avec toute l’honnêteté et l’intégrité professionnelle nécessaires. C’est pour éviter des biais décisionnels que les conflits d’intérêt sont à proscrire absolument dans le domaine médical. J’ai commencé à une époque où les gens faisaient sans broncher ce que le médecin leur disait. Mais je trouve que c’était justifié de sortir d’une médecine paternaliste pour entrer dans une démarche plus égalitaire, dans laquelle les patients sont impliqués dans la démarche thérapeutique.

 

Je suis convaincu depuis longtemps que le succès d’un traitement et la manière dont on le vit dépendent largement de cet aspect d’appropriation de sa propre guérison. Les patients ne sont pas des objets à soigner, mais des semblables que l’on accompagne avec une certaine expertise que nous confèrent notre savoir, mais aussi notre approche de la vie. A ce propos, je m’aperçois qu’on n’est pas du tout dans ce cadre là avec cette vaccination, et encore moins avec le spectre de l’obligation vaccinale, réminiscence de périodes gravissimes de l’humanité dont j’espérais que nous serions sortis définitivement.

On demande quand même aux gens leur accord avant de les vacciner

Bien sûr, mais avec le narratif actuel, les gens ne vont pas dire non sur la base de ce qu’on leur donne comme informations. Par contre, s’ils vont chercher ailleurs, ils se rendent compte que c’est peut-être quand même plus compliqué et plus risqué que ce qu’on leur dit. Quand on prend conscience que les fabricants eux-mêmes se dédouanent d’une très grande majorité de problèmes. Hormis les défauts de fabrication, ils n’assument pas du tout ce qui est en lien avec les effets secondaires et les problèmes graves ou bénins qui peuvent arriver à plus ou moins long terme! Cela m’étonne que Swissmedic soit d’accord avec ça. D’accord avec le fait d’autoriser des vaccins qui ont grillé les étapes de validation et qui en sont encore au stade expérimental de phase 3. J’ajoute que le terme «vaccin» pour ce procédé n’est pas du tout exact, car il ne correspond pas aux vaccins conventionnels. Il devrait s’appeler «procédé génique à but d’immunisation».

C’est à cause de l’urgence de la situation

La situation n’est absolument pas urgente, il est important de comprendre ça. Un vaccin, dans l’idée majoritaire des gens, cela vous immunise. Et si vous êtes immunisé, vous n’êtes pas contagieux pour les autres. Mais ce n’est pas le cas pour ce vaccin-là. L’argument de la solidarité ne tient pas. Lorsque Mme Siegrist nous dit qu’il faut vacciner les gens à risque, j’entends. Il y a une logique. Mais pourquoi devrions-nous vacciner les autres puisqu’une fois vacciné vous pourriez rester contaminant pour les autres?

 
«Les adeptes de la médecine toute puissante seront ravis de cette évolution mortifère de la science!»

J’ajoute qu’il est également totalement inepte, voire dangereux de vouloir vacciner toute la population avec un tel procédé, car les statistiques montrent qu’en l’état, l’infection n’a pas d’influence du tout sur la mortalité moyenne de la catégorie d’âge inférieure à 65 ans, alors que c’est cette catégorie qui est fortement impactée par les mesures.

 

Cette attitude est parfaitement injuste et irresponsable de la part de nos autorités. Mais avec l’évolution induite par la pression de sélection des vaccins, nous pourrions imaginer que les moins de 65 ans pourraient être également touchés. Allez savoir!? Nous voyons donc que l’homme, et certains de nos scientifiques, se prennent pour Dieu, en jouant aux apprentis sorciers. Les adeptes de la médecine toute puissante seront ravis de cette évolution mortifère de la science!

Comment vos collègues, notamment dans les groupements de médecins, réagissent-ils à votre position?

Il y a un espèce d’écran total. Ils savent ce que je pense. Je ne m’en suis pas caché, même si je pondère un peu du fait des attaques injustifiées dont je suis parfois victimes. Je n’ai rien à craindre car j’ai ma conscience pour moi et je pense que mon combat pour la vérité est juste et nécessaire. J’ai eu quelques réactions de médecins traitants très violentes, notamment concernant des propos que j’ai pu tenir sur la surmortalité:

 

Je trouve qu’il y a eu un biais terrible. On n’a pas parlé en profondeur de ce que représentaient ces chiffres. Il est normal que le nombre annuel de morts augmente puisque la population augmente! Si on fait une analyse un peu plus fine de la question, cette surmortalité n’est pas si évidente à démontrer. Mais le collègue en question qui m’a agressé était resté sur ces chiffres bruts présentés par les médias. Je lui ai donné à manger d’autres interprétations, mais il a coupé court à la discussion. Il n’y a pas véritablement de dialogue. J’essaie de répondre, car je pense que la pluralité du monde médical est importante, mais il y a une polarisation terrible.

 

87% des gens qui meurent avec un test positif ont plus de 75 ans. Ce qu’on peut dire à l’heure actuelle, avec certitude, c’est que l’impact de l’épidémie, sur le plan de la mortalité, sur le groupe de population de moins de 65 est quasi-nulle.

L’admiration que j’ai pour les Amis de la constitution qui, malgré tous les obstacles, ont pu obtenir les signatures du referendum. C’est un exploit! Aujourd’hui, on est dans des conditions anormales, dans un régime d’exception dans lequel les citoyens sont infantilisés. La démocratie, c’est autre chose. C’est admettre que chaque voix compte, que chaque personne mérite le respect, qu’elle est capable de discernement et d’adopter des comportements responsables qu’elle a le droit de disposer d’elle-même, de refuser que l’on touche à son intégrité corporelle sans son consentement.

 

Qu’est-ce qui vous révolte le plus dans l'(in)action de vos confrères en ce moment?

L’obstacle que l’on met face aux traitements précoces. C’est énorme ce qu’il se passe!

Le documentaire d’Arte, La fabrique de l’ignorance, est assez édifiant. Notamment concernant la nocivité du tabac et le lien démontré avec le cancer du poumon. Il est fascinant de voir comment a été traitée l’information, et surtout la manière dont la désinformation s’est ensuite organisée pour créer la confusion, le doute et provoquer finalement l’inaptitude à prendre des décisions. La puissance de certaines entreprises capables de payer des chercheurs pour leur faire dire ce qu’elles souhaitent entendre en tordant la réalité. Ce n’est pas nouveau! Ensuite, il y a eu Monsanto et les abeilles. Là-dessus, il y a eu une vague d’articles scientifiques qui ont semé le trouble en faisant en sorte de nous laisser dans le flou. On est exactement dans la même situation avec cette infection virale! On privilégie des médicaments et des vaccins qui rapportent gros et on crée des obstacles et des contre-expertises pour les autres.

 

Voyez les autorisations temporaires accordées actuellement au Remdesivir, toxique et inefficace. Maintenant aux anticorps monoclonaux, qui sont tous très chers. Alors que les molécules déclarées efficaces par bon nombre de scientifiques et médecins dans le monde, comme l’HCQ en associations ou l’Ivermectine, attendent toujours leur autorisation de prescription pour traiter du Covid. J’espère que nous serons bientôt en condition pour que justice soit rendue.

Les lecteurs, les citoyens, le public ne sait pas qui dit la vérité finalement.

Ce n’est pas facile d’y accéder en tenant en compte qu’il n’y a souvent pas qu’une vérité mais bien diverses manières d’aborder la ou les questions posées dans le cadre de cette crise. Tout est une affaire d’équilibre, surtout lorsqu’on part d’une situation inédite. A l’époque, je ne me sentais pas d’asséner ma vérité. Je ne voulais pas entrer dans l’expertise. Je restais dans ce qu’un clinicien peut observer dans la réalité du son monde, qu’il a côtoyé durant toute sa carrière.

 
«J’ai pu vérifier par moi-même l’efficacité de l’Ivermectine»

Je crois davantage en l’expérience des cliniciens qu’à l’expertise de scientifiques dans leurs labos, ou dans leurs recherches, qui sont souvent détachés de la réalité, de la clinique, de la médecine humaine. Même si je recherche des éléments de littérature et des articles scientifiques, j’écoute avec beaucoup d’attention certains de mes collègues me parler de leur expérience avec le traitement au moyen de l’Ivermectine. Je les connais, ils n’ont pas d’autre intérêt que celui des patients dont ils ont la charge. Le hasard des circonstances m’a amené à traiter également des amis proches et j’ai pu vérifier par moi-même l’efficacité de cette molécule.

 

Pour moi, un vrai clinicien est beaucoup plus crédible qu’un chercheur, bardé de diplômes et de conflits d’intérêt, du fait que le financement de sa recherche et la viabilité de son labo dépendent de ce qu’il va publier. Les conclusions de certains articles sont donc sujettes à caution et doivent être abordées avec circonspection.

Le traitement actuel préconisé aux personnes qui sont atteintes du Covid est un traitement symptomatique sans effet thérapeutique, ce qui revint à dire: «restez chez vous et si ça se péjore venez à l’hôpital». Cette approche a provoqué l’hospitalisation de patients dans des états si désespérés qu’une majorité d’entre eux décédaient peu de temps après. Aujourd’hui, on donne des anticorps monoclonaux. Ils coûtent très cher à réaliser et doivent être spécifiquement dirigés et configurés sur le virus pour lequel il sont fabriqués. C’est de la biotechnologie. L’accréditation très rapide de Swissmedic, qui valide son utilisation mais refuse l’Ivermectine comme possibilité de traitement précoce, est incompréhensible et scandaleuse!

Comment ça se fait?

C’est là où je veux en venir: il est difficile d’exprimer ça comme ça parce que, dans la tête de la majorité des gens, quand on dit «corruption», c’est de l’argent dans la poche. Ce n’est pas comme cela que ça se passe. L’effet corruptif débute lorsque le lien d’intérêt devient conflit d’intérêt. La frontière est ténue. Lorsque le financement de votre activité dépend de fonds privés qui attendent un retour sur investissement, vous prenez le risque de devoir subir des pressions. Voilà comment un lien, au départ vertueux, devient pervers et crée un biais.

 

Je suis convaincu que nous avons franchi un stade supérieur avec le blocage de traitements efficaces pour favoriser ceux qui ont des intérêts commerciaux. Les vaccins actuels sont des exemples et il n’est pas impossible, au vu de l’allégeance et de la mansuétude dont les grandes enseignes bénéficient, que le gouvernement lui-même ait son intérêt dans ce deal. Je vous laisse regarder les liens existants entre Gavi Alliance, la fondation Gates, Swissmedic et la Confédération pour vous en convaincre. De fait, le système de santé est totalement corrompu.

Et cette corruption date d’avant la crise sanitaire, selon vous?

Oui. J’en parlais déjà dans un article paru il y a dix ans. Dans une mesure moins évidente, j’expliquais comment le changement de système de financement hospitalier par forfait peut avoir une incidence sur la viabilité des hôpitaux publics. Comment le système de santé évolue vers une forme de privatisation du secteur de la santé. Comment des grandes enseignes, des banques, des assurances, des entreprises commerciales s’intéressent au système de santé parce qu’il est financièrement porteur de gros bénéfices. L’investissement que peuvent proposer ces grands organismes, lorsqu’on leur donne les conditions favorables pour investir et récolter des bénéfices, crée un biais dans le système de santé. C’est le système tout entier qui devient corrompu, puisque le principal objectif n’est plus de soigner les gens mais de faire des bénéfices.

Je titrais, à l’époque, cet article: Le système de santé: choix éthique ou enjeu commercial? C’est exactement ça! L’éthique médicale, scientifique, est de créer un système de santé autour du bien être des gens, de manière impartiale, sans biais. Or, maintenant, les investissements possibles dans un système privé, qui prend de plus en plus de poids, crée un biais considérable. On a même des secteurs publics payés par des fonds privés. Vous le voyez aussi dans les Universités. C’est très inquiétant. Cette perte d’humanité qui sous-tend une démarche purement mercantile est le problème principal. Voyez l’impact et les dégâts engendrés par la financiarisation de l’économie.

Vous avez l’EPFL, où ils font de la recherche, et à côté vous avez le Rolex learning center. C’est la maison Rolex qui finance. Vous n’allez pas me faire croire qu’avec de tels investissements, ce domaine privé ne va pas vouloir un retour sur investissement? Donc ça crée immanquablement un biais dans la recherche. Ce n’est plus une recherche détachée, effectuée dans intérêt de la connaissance. C’est une recherche orientée autour d’un bénéfice potentiel. C’est exactement cela qu’il se passe dans le domaine des vaccins. Qui sont une source de profits gigantesques, donc on fait tout notre possible pour bloquer tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un obstacle au but poursuivi.

Vous avez une vision très cynique du milieu dans lequel vous avez évolué pendant 30 ans!

Ce n’est pas moi qui suis cynique, se sont ceux qui font le mal tout en se parant de bonnes intentions. L’exemple du PDG de Pfizer est cynique, qu’il annonce préférer renoncer à la vaccination, en sachant la dangerosité d’un procédé vaccinal qui n’est pas abouti, pour réserver «sa dose» à une personne qui en a plus besoin que lui. Ça c’est du cynisme!

Comment expliquer qu’il n’y ait pas d’avantage de médecins qui s’expriment en ce sens?

Je ne sais pas. Je pense que beaucoup sont verrouillés. Je reviens sur le discours de Bertrand Kiefer qui, dans le contexte du musèlement de la Task Force, affirmait que nous étions dans un monde ouvert, qui nécessite le dialogue, le débat démocratique, la liberté d’expression…

Trois jours auparavant, un médecin cantonal Appenzellois s’était fait remercier parce qu’il a osé remettre en question certaines des dispositions, notamment sociétales, prises dans le cadre de cette pandémie. J’ai un peu de mal à accepter cette vision unilatérale, ce deux poids, deux mesures. La liberté d’expression n’est pas un exercice à géométrie variable.

D’ailleurs, il semblerait que les médecins alémaniques soient plus enclins à remettre en cause les mesures que les médecins romands. Comment expliquer ce Röstigraben de l’obéissance?

Sans doute s’agit-t-il d’une question de mentalité et d’indépendance d’esprit, peut-être également de courage. La densité d’hôpitaux universitaires sur l’arc lémanique et la proximité des organismes internationaux en lien direct avec des financeurs privés y est peut-être aussi pour quelque chose.

Vous voulez dire que les Universités romandes sont plus corrompues?

J’ai l’impression qu’on a là deux piliers importants: Genève et Lausanne. Genève l’internationale, qui est en lien direct avec toutes ces organisations et les pouvoirs en place (OMS, OMC, ONU etc… ).

Et puis, il y a tous ces médecins indépendants qui sont verrouillés car ils ne peuvent pas se permettre de risquer de devoir fermer leur cabinet par sanction du médecin cantonal. Ils ont une entreprise, des employés. S’ils sont mis sous pression, ils sont mis en danger C’est quand même hallucinant d’avoir quasiment interdit la prescription et diabolisé une molécule aussi répandue que l’hydroxychloroquine.

Donc je pense que les gens ont peur. Et puis c’est aussi une question de mentalité à la vaudoise. Le respect inné de l’autorité conférée par le galon. Pas celle qui est incarnée par une personnalité, ses idées et idéaux, son rayonnement, la justesse ou la pertinence de ses propos ou de ses actions, mais plutôt par les qualités d’un monde administratif ponctuel, fiable, respectant les consignes et les ordres. Historiquement, le canton de Vaud est très ancré dans un monde administratif, a tel point qu’il manque indiscutablement de personnalités politiques porteuses d’idéaux de société très efficaces. Aujourd’hui, regardez l’effacement de vrais politiciens au profit de technocrates et d’administrateurs efficaces, qui obéissent et servent les lobbies. La France en est un exemple frappant!

A votre avis, comment est-ce que tout cela va se finir? Et surtout: QUAND?

Tout cela sera fini lorsqu’on reviendra à la raison. Lorsque le monde sera guidé par des aspirations et des idéaux humanistes et non pas des objectifs uniquement mercantiles. Changement il y aura, sans aucun doute, et il est plus que jamais nécessaire car nous avons profondément besoin d’un changement systémique. A notre échelle, la prochaine étape importante est la votation du mois de juin pour l’arrêt de la loi Covid-19, dont la poursuite indéfinie nous ferait entrer dans un régime de dictature sanitaire, sous le prétexte vertueux du bien de la population et de sa santé. En voilà un bel exemple de cynisme!

L’Impertinent, Améle DEBEY, 19 avril 2021